Touristes à l'intérieur de la mosquée rose à Shiraz
Centre de l'Iran

Shiraz, visite enchanteresse dans la ville de Hafez

Shiraz, “ville des roses et des rossignols” ; “ville des poètes”, “du vin”, “des jardins”… Visite incontournable de tout voyage en Iran, Shiraz, la capitale de la province de Fars ne manque pas de surnoms et de qualificatifs. Tous donnent un avant-goût de l’atmosphère magique de la ville. Comme une invitation à prendre son temps et y voir la beauté s’exprimer de mille manières.

Pourquoi visiter Shiraz ?

Shiraz occupe une place à part dans mon cœur. J’aime prendre le temps d’arpenter les ruelles de son bazar. De me perdre dans la contemplation de sa “mosquée rose”. D’observer les Iranien·ne·s rendre hommage à leurs poètes, Hafez et Saadi, dans leurs mausolées. Et de marcher dans ses rues embaumées de l’odeur de la fleur d’oranger, une fois venu le printemps…

Toutes ces beautés font de Shiraz une ville incontournable : elle fait partie du “circuit classique” en Iran. Située au sud d’Ispahan, la ville est le berceau de l’Empire Perse. Les capitales de Cyrus et Darius, Persépolis et Pasargades (classées à l’Unesco), se situent à quelques heures de route seulement.

Quand visiter Shiraz ?

La meilleure saison pour visiter Shiraz est le printemps, quelques semaines après Nowruz, le nouvel an persan. Au mois d’avril et de mai, le temps y est agréable, ni trop chaud ni trop froid. Et surtout, c’est la période de floraison des orangers ! L’odeur, qui parfume les allées de la ville, a quelque chose de magique ! Attention tout de même : pendant Nowruz, la ville est très fréquentée.

À partir du mois de juin et jusqu’à fin août/début septembre, la chaleur peut être assez accablante. Mais cela ne devrait pas arrêter les voyageurs·ses les plus téméraires.

L’automne est également une période propice pour visiter Shiraz. C’est à partir du mois de novembre que les températures commencent à vraiment baisser.

Comment se rendre à Shiraz ?

Moi aussi je <3 Shiraz

Rien n’est plus simple que de se rendre à Shiraz. La ville dispose d’un aéroport international, vous pouvez donc directement y arriver ou repartir. Il est par ailleurs possible d’y obtenir un visa à l’arrivée (VOA).

Si vous êtes déjà en Iran, des vols réguliers relient Shiraz à toutes les villes du pays. Il en va de même pour les bus. Enfin, la gare ferroviaire offre une option supplémentaire. Si les trains sont généralement moins rapides que le bus, le trajet peut avoir son charme (ou permettre de mieux dormir).

Pour plus d’informations sur le bus, l’avion et le train, lisez mon guide sur les transports en commun Iran.

Shiraz se visite souvent après Ispahan (environ 500 km de distance) et Yazd (400 km). De là, il est facile de rejoindre le port de Bandar-Abbas, pour visiter les merveilles du Golfe Persique.

Combien de temps passer à Shiraz ?

En théorie, deux à trois jours suffisent à visiter Shiraz. Auxquels il faut ajouter une journée pour les visites de Persépolis & co.

Ensuite, il y a la pratique. Personnellement, j’ai visité Shiraz quatre fois en deux ans, et je n’ai toujours pas tout vu. De toute évidence, je me laisse à chaque fois prendre par l’esprit shirazi ! Il faut savoir que la réputation des habitant·e·s de Shiraz est de faire tout très tranquillement… Il faut dire que la chaleur, combinée à la douceur de vivre, est propice à se laisser aller. Et après tout, savoir prendre son temps est la meilleure façon d’apprécier la beauté de cette ville.

Que voir et que faire à Shiraz ?

Les raisons de se rendre dans la cinquième ville d’Iran ne manquent pas. Amateur·rice de poésie, d’architecture, d’art, ou simple épucirien·e : Shiraz a forcément de quoi ravir vos sens et votre esprit.

Admirer Nasir-ol-Molk, la “mosquée rose”

À l’intérieur de la mosquée Nasir-ol-Molk

C’est le joyau de Shiraz : la mosquée Nasir-ol-Molk est unique en son genre. Loin du style imposant des mosquées bleues d’Ispahan, la “mosquée rose” se veut tout en finesse. Elle doit son nom principalement à l’effet produit par les reflets du soleil traversant ses vitraux colorés. Pour assister à ce spectacle hypnotisant, il faut s’y rendre tôt le matin. Renseignez-vous une fois sur place pour connaître l’horaire le plus propice selon la saison à laquelle vous la visitez.

Tout dans cette mosquée est d’une parfaite délicatesse. Les céramiques qui décorent les murs intérieurs et extérieurs ont essentiellement des motifs floraux dans différents tons de rose, de jaune et de bleu : l’une des signatures de Shiraz.

Depuis début 2019, les femmes sont censées se couvrir d’un tchador pour visiter la mosquée (prêté à l’entrée). Mais à ma dernière visite en mai 2019, la consigne n’était pas appliquée. Et il y a fort à parier que cela reste longtemps ainsi.

Rendre hommage à Hafez et Saadi, les plus grands poètes persans

Rendant hommage au plus illustre des poètes persans

On vient au Hafezieh (mausolée de Hafez) et au Saadieh (mausolée de Saadi) pour goûter à leur atmosphère mystique. Pour y constater, une fois de plus pendant son voyage en Iran, combien la poésie persane est restée vivante. Quel que soit son âge, tout·e Iranien·ne peut déclamer, sur demande, son vers favori de Hafez, Rûmi, ou Khayyâm.

Au Hafezieh, la tombe de Hafez trône sous un magnifique dôme planté au milieu d’un jardin. On s’y presse pour toucher le marbre de la sépulture du poète, tout en récitant des versets du Coran : selon la croyance, cela fait office de bénédiction. En Iran, Hafez est aussi sacré que la religion. Aux alentours du mausolée, des vendeurs font piocher à leurs oiseaux un poème de Hafez pour prédire votre avenir : c’est le Fal-e Hafez. Pendant que d’autres lisent, à voix-haute ou pour eux·elles-mêmes, le Divan du maître dans un coin du jardin.

Un peu plus excentré, se trouve le mausolée de Saadi, autre grande figure de la poésie persane. On y vient aussi pour flâner, rendre hommage au poète sufi, avant de lancer une pièce dans le bassin ; espérant, cette fois-ci, faire exaucer ses vœux.

Soirée au mausolée de Saadi

À la nuit tombée, les lieux sont vite bondés puisque les Shirazis aiment s’y balader en famille ou entre ami·e·s. Mais c’est justement l’ambiance joviale et légère de ces soirées qui en font tout le charme. Sachez qu’à Nowruz, le passage au Hafezieh ferait presque office de messe de Noël : le mausolée se retrouve donc encore plus fréquenté que d’ordinaire.

Goûter au paradis dans les jardins de Shiraz

Vous l’aurez compris, visiter Shiraz c’est prendre le temps de vagabonder, de se laisser guider par la beauté. Ce n’est donc pas surprenant si Shiraz est aussi la ville des jardins, elle qui parfume ses rues de fleurs d’oranger aux premiers jours du printemps.

Le jardin d’Eram (bagh-e eram) est l’un des plus beaux exemples de jardins persans. Il figure avec huit autres jardins sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Dans ses allées symétriques et verdoyantes, coupées de part et d’autre par des fontaines et cours d’eau, on déambule au rythme du chant des oiseaux. L’ambiance rappelle que ces jardins se veulent être la représentation du paradis. Au milieu du parc, trône un sublime palais Qadjar, qui fait aujourd’hui office de musée. Contournez-le pour accéder à une petite cour, où vous pourrez vous asseoir pour déguster un jus de fruit frais.

Dans un bout de paradis du jardin d’Eram

Plus modeste, mais non moins élégant, le jardin de Naranjestan (bagh-e Naranjestan) se situe dans les anciens quartiers de la ville, proche du bazar. Un parterre de fleurs coloré mène à une magnifique résidence de la fin du XIXe siècle. L’intérieur est splendide, en particulier grâce aux peintures des boiseries.

Autre célèbre jardin de Shiraz : le bagh-e Afif Abad. Si l’imposante demeure date de la dynastie Qadjar, le jardin, lui, est l’un des plus ancien de la ville puisqu’il date du temps des Safavides.

Contempler la citadelle Karim Khan

Située en plein cœur de la ville, sur la place Shahrdari (Shohada), la citadelle Karim Karim (Arg-e Karim Khan) vient rappeler que Shiraz fut autrefois capitale de l’Empire Perse. Sous la dynastie Zand, à la fin du XVIIIe siècle, les souverains persans y régnaient depuis cette forteresse. Sous la suivante, celle des Qadjar, la capitale fut déplacée à Ispahan, et la citadelle servie alors de siège au gouverneur local. Quant aux Pahlavi, ils en firent une prison !

Aujourd’hui, l’ensemble se visite comme un musée. La visite est rapide, et le plus intéressant reste la vue d’ensemble depuis l’extérieur. La citadelle, avec son petit côté tour de Pise, se détache devant les monts Zagros, alors que chacun·e vient flâner sur la place Shahrdari.

La citadelle de Karim Khan, au centre de Shiraz

Aller du bazar au hammam Vakil, en passant par la mosquée et la madreseh

Si Shiraz s’étend sur 240 km carrés, le centre historique, de taille modeste, reste le cœur de la ville. Sur une petite place, à deux pas de la citadelle, se trouvent tout un tas de monuments incontournables. Arrêtez-vous à la terrasse de l’un des cafés pour admirer les lieux : d’un côté, l’entrée du bazar Vakil. De l’autre, celle, toute en briques, du hammam. Et entre les deux, le majestueux portail de la mosquée Vakil.

Commencez par visiter le hammam, dont les peintures murales et les faïences ont été bien préservées. Faites ensuite un tour à la mosquée Vakil. Celle-ci se distingue par sa simplicité, avec ses sublimes colonnes de marbre et le rose et bleu de ses mosaïques.

Enfin, rendez-vous dans le bazar pour arpenter ses allées. Particulièrement bien conservé, plein de vie mais sans en devenir oppressant, j’aime l’ambiance de ce bazar. À l’instar de la ville, il a ce petit quelque chose de raffiné et désinvolte. Prenez le temps d’y déguster un Faloodeh, l’une des spécialités de la ville : une glace à base de vermicelles de riz servis avec de l’eau de rose ou d’oranger.

Une fois sorti du bazar, revenez sur l’avenue principale Loft Ali Khan Zand pour visiter l’école coranique, la madreseh Khan. On s’y détend dans sa cour ombragée, en admirant l’édifice, loin du chahut de la ville et du bazar.

Flâner de nuit au mausolée Shah Cheragh

Au cœur du centre historique de Shiraz se trouve le mausolée Shah Cheragh, “le roi de la lumière”. La petite histoire de ce dernier vous sera racontée par votre guide, qui accompagne obligatoirement (et gratuitement) tous touriste. L’entrée des salles de prière est réservée aux musulman·e·s mais en présence de votre guide vous pourrez en apercevoir quelques recoins, recouverts de brillants miroirs du sol au plafond.

L’architecture de la cour intérieure, tout en céramiques bleu et rose, est très délicate. Avec ce petit détail qui change tout : le dôme en forme de bouton de rose. Une spécificité, une fois encore, de Shiraz.

Je recommande de s’y balader en soirée, pour admirer l’ensemble tout en goûtant à une atmosphère toute particulière. En Iran, les mausolées sont des espaces plein de vie, où l’on vient pour prier, mais aussi pour passer un moment en famille. Assis sur des tapis dans la cour intérieure, les adultes parlent entre eux pendant que les enfants courent tout autour, et que d’autres, plus à l’écart, ont déjà entamé leur nuit.

Le mausolée étant situé dans l’un des plus anciens quartiers de la ville, les petites ruelles alentours méritent d’être parcourues. Non loin, se trouve la mosquée Jameh Atigh. Je ne l’ai pas encore visité, mais l’édifice me semble valoir le détour. Il s’agit d’une mosquée datant du IXe siècle, l’un des plus anciens sites religieux de la ville.

Que visiter autour de Shiraz ?

Incontournables Persépolis, Naqsh-e Rostam (Nécropolis) et Pasargades

Impensable de se rendre à Shiraz sans visiter Persépolis. La cité millénaire de l’Empire Achéménide se trouve à seulement 60 kilomètres. Ai-je besoin de m’étendre sur les raisons de visiter ce lieu mythique ? En Persan, Persépolis se nomme “Takht-e Jamshid“, le trône de Jamshid, en référence à un roi légendaire du Shahnameh écrit par le poète Ferdowsi. Cela donne une idée de la place historique et culturelle de cette ancienne capitale. Marcher entre les vestiges de la cité de Darius le Grand, c’est ainsi remonter aux origines de la Perse antique pour y comprendre l’Iran d’aujourd’hui.

À condition de faire la visite en bonne compagnie ! Ne faites pas mon erreur, et visitez le site avec un·e guide si vous voulez apprécier l’intérêt de ce site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Je vous explique pourquoi (et comment), en détail, dans cet article consacré à Persépolis.

La porte de toutes les Nations, à Persépolis

En général, la visite de Persépolis se combine à celle de Nécropolis, une dizaine de kilomètres plus loin. De son vrai nom : “Naqsh-e Rostam“, “le portrait de Rostam”, légendaire héros persan. Peut-être moins significatif historiquement, le site est très impressionnant. Quatre immenses tombeaux y sont incrustés dans la roche, à plusieurs mètres de hauteur. De là, d’illustres rois perses, tels que Darius le Grand, observent la·le visteur·e. Le site est également riche en bas-reliefs de l’époque sassanide.

Quelque 70 kilomètres plus loin, se trouve un autre site classé au patrimoine mondial par l’Unesco. Il s’agit de Pasargades, première capitale de l’Empire perse. On y vient surtout pour rendre hommage à Cyrus le Grand, comme le fit Alexandre le Grand lui-même. Son tombeau, un bâtiment massif plutôt sobre, est l’un des principaux vestiges du site.

Celles et ceux qui n’ont pas peur des kilomètres et ne sont pas du genre à s’attarder, peuvent envisager de visiter les trois sites en une journée. Mais ceux-ci fermant assez tôt, cela est peut-être ardu. C’est pourquoi, généralement, Pasargades fait l’objet d’une visite séparée.

Le lac rose de Maharloo

Le lac de Maharloo, au sud de Shiraz, attire les visiteur·e·s pour son incroyable couleur rose. À l’instar du lac de Lipar, dans le Sistan et Baluchistan, cette vaste étendue est un lac salé. Pour l’apprécier à l’apogée de sa beauté, il est conseillé de s’y rendre en automne ou en hiver. À l’été, il est peu probable que le peu d’eau présente soit rose. On profite alors de cet étrange désert de sel, dont les quelques espaces remplis d’eau se transforment en miroir pour le ciel.

Dans les rues du petit village de Ghalat

Le village de Ghalat

Situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Shiraz, Ghalat offre une agréable escapade à la journée. Ce petit village typique est une destination populaire et attire de nombreux visiteur·e·s locaux. On s’y balade dans ses ruelles pittoresques avant de s’enfoncer dans la forêt, en suivant le cours d’eau. De là, comme souvent en Iran, deux options : la première consiste à étendre les tapis, et s’installer pour le pique-nique accompagné du narguilé. La seconde s’offre aux randonneurs·ses qui peuvent entamer ici de belles balades (non balisées) dans la montagne.

Où loger à Shiraz ?

Je vous en parle dans mon article sur Persépolis : si vous passez à Shiraz, il serait dommage de ne pas recontrer Pourya et Rola ! Ces derniers, qui sont mes amis (full disclosure, mais leur réputation n’est plus à faire) ont une guesthouse qu’ils ambitionnent de transformer en maison culturelle. Celle-ci s’appelle Iran Nameh. J’y ai séjourné en voyage avec mes parents, et ce que j’aime particulièrement chez Pourya et Rola, c’est le sentiment d’être dans une vraie maison d’hôtes : on s’y sent comme à la maison, tout en goûtant à l’hospitalité iranienne.

La citadelle Karim Khan est déjà prise pour la nuit, désolée.

J’ai également séjourné chez Taha Traditional Hotel, un hostel plutôt destiné aux backpackers·ses et situé dans les vieux quartiers de Shiraz. Le cadre, une ancienne maison traditionnelle, est super, et le personnel très sympa. Niayesh Hotel, deux rues plus loin, est un hôtel du même type légèrement plus cher, tenu par les mêmes propriétaires.

Il existe également nombre de somptueux hôtels dans d’anciennes demeures traditionnelles. Comme le Forough Hotel, par exemple. Je ne l’ai pas testé mais les avis semblent être unanimes.

Où boire et où manger à Shiraz ?

Festin shirazi home made à base de kalam polo

La gastronomie shirazi a de très nombreuses spécialités. Parmi lesquelles figure le “Kalam Polo”, l’un des plats les plus emblématiques de la ville. Et aussi l’un de mes plats iraniens favoris ! Il s’agit de riz aux herbes, avec du chou et des petites boulettes de viande. Goûtez également les soupes, que vous trouverez comme street-food, le soir, dans la rue. Et bien sûr, rafraîchissez-vous avec un Faloodeh, mentionné plus haut : il s’agit de vermicelles de riz glacés mélangé à l’eau de rose.

À n’importe quel moment de la journée, laissez-vous attraper par l’esprit shirazi et savourez un jus ou un thé dans le Jardin d’Eram. Le soir, grignotez les épis de maïs grillés vendus tout autour du parc.

Côté restaurants traditionnels, le Saraye Mehr Traditional Restaurant, situé en plein centre, offre un bon rapport qualité-prix. Le tout, dans un cadre très agréable, avec musique traditionnelle. Le Shapouri Garden dispose aussi d’un restaurant, dans la splendide demeure traditionnelle du parc. Les prix sont forcément élevés, mais le cadre est exceptionnel, en particulier à la tombée de la nuit.


De passage à Shiraz ? Ne manquez pas la visite Persépolis, l’un de symboles de l’Iran !

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