Bureau de 1stQuest, passeport et permis de travail en Iran
Vivre en Iran

Une vie téhéranaise, étape 2 : Travailler en Iran

Travailler en Iran, en tant qu’étranger.e : est-ce possible ? Compliqué ? Souhaitable ? Dans l’ordre, “oui”, “oui”, et “non” à en croire tous mes chauffeurs de taxi ; mais “oui” si vous aimez les challenges et les aventures qui sortent de l’ordinaire !

Après un bref été français, j’ai eu la chance à la rentrée 2019, de revenir m’installer à Téhéran. Cette fois-ci, non pas avec un visa de tourisme ni même un visa étudiant. Mais bien le Saint-Graal, celui qui s’accompagne d’un salaire : un visa de travail.

Si vous suivez mes péripéties iraniennes et que vous lisez mon blog, vous savez que faire découvrir l’Iran me tient particulièrement à cœur. Pour démystifier cette destination et mettre l’accent sur ce que ce pays à de plus beau.

Une suite logique

L’aventure a commencé via mon entourage, sur lequel j’ai fait un lavage de cerveau pro-Iran, au point de convaincre mes parents de venir visiter le pays ! Ensuite, via ce blog, qui me donne parfois la chance de vous rencontrer à Téhéran. Et désormais, via mon travail, qui consiste ni plus ni moins qu’à convaincre encore plus de personnes de visiter l’Iran !

Spoiler alerte : j’adore mon job ! Je travaille désormais pour 1stQuest (dont vous avez pu voir les petits liens sponsorisés par-ci par-là). Il s’agit d’une agence en ligne permettant aux voyageurs.ses d’organiser leur séjour en Iran. Je suis là pour répondre à toutes leurs questions pratiques et les aider à réserver les services dont ils.elles ont besoin : billets de bus, chauffeurs, et j’en passe !

Je tiens à préciser que si mon travail et mon blog touchent le même public, ce que je publie ici est de mon propre choix. Ce n’est nullement influencé par mon travail.

Quand Téhéran s’endort

Travailler en Iran, ça ressemble à quoi ?

Bon, maintenant que je vous ai raconté ma vie, passons à quelque chose de plus intéressant. Travailler en Iran, ça donne quoi ? Eh bien… c’est à l’image du pays : compliqué 🙂

Quand vous travaillez en Iran :

  • Vous oubliez vos 11 semaines de congés payés (coucou mes ex collègues d’un journal-que-je-ne-nommerai-pas). Évidemment, les congés varient d’une entreprise à l’autre, et le secteur public est plus avantageux. En général cela se limite à l’équivalent de nos RTT et quelques semaines pour le Nouvel an. Il est aussi commun de travailler 6 jours par semaine. Voire 7. Mais cela ne concerne peut-être que les workaholic de mon entourage.
  • Votre salaire est en rials. Désolée. Donc, quand le cours du rial s’effondre précipitamment vous pensez à cet argent que vous venez de perdre sans faire quoi que ce soit.
  • Votre salaire est bas. N’essayez même pas de convertir en euros. Si tu es à Rome, vis comme les Romains“. Pensez donc en rials ! Sachez que le salaire moyen en Iran est d’environ 200 euros et que le coût de la vie reste proportionnellement élevé.
  • Du coup, vous prenez le bus et les taxis partagés, pour quelques dizaines de milliers de rials. Ou Snapp, quand vous vous êtes levé à la dernière minute. Mais les transports en communs restent mon petit plaisir (je sais, c’est étrange) : se fondre, incognito, dans la masse des travailleurs et observer le ballet de cette foule étrangère.
  • Votre internet est lent. Parce que vous utilisez un VPN. Car certaines applications et certains sites, tout à fait nécessaire à votre travail, sont bloqués. Et ce, parfois même quand vous travaillez dans le public.
  • Vous devez recevoir de l’argent depuis l’étranger, sur votre compte, lui-même en Europe ou ailleurs ? Attendez-vous à voir les transactions bloquées, refusées, suspectées de fraude, parce que le lien est fait avec l’Iran. Merci les sanctions.
Taxis partagés-boulot-dodo

Vous n’êtes pas découragé.e ? Bravo, vous avez gagné le droit de travailler en Iran ! Si vous êtes aussi chanceux.ses que moi, vous aurez peut-être l’occasion de rejoindre une start-up aussi chouette que celle pour laquelle je bosse !

Là, ça donne l’occasion :

  • De partager le petit-déjeuner et le déjeuner, tous.tes ensembles, autour de la même table (Ok, on est quand même 30, c’est pas évident). Cela me donne souvent l’impression, en buvant mon thé du matin autour d’un pain sangak bien frais, de faire partie d’une vraie petite famille.
  • D’apprendre du vocabulaire en persan à longueur de journée. De bilbilak (“trucmuche”) à bi tabiat (pour quelqu’un qui a de mauvaises manières – comme le fait de commander une pizza lorsque l’un des collègues est absent), en passant par des histoires de pastèques sous le bras que je n’ai pas encore bien compris.
  • De se voir présenter du navet bouillis après avoir pris un coup de froid. De se faire offrir une bouteille de lait pour lutter contre les effets de l’intense pollution.
  • D’avoir ses collègues qui vous aident à : faire des achats en ligne ; régler vos problèmes avec votre banque ; changer de l’argent au meilleur taux du marché ; et résoudre à peu près n’importe quel problème qui implique de parler persan.
  • De constater l’immense bienveillance et la gentillesse dont les personnes font preuve les un.e.s envers les autres. (Il y a du ta’arof là-dedans, mais c’est tout de même mieux que de passer son temps à se juger).

Le nerf de la guerre : le visa de travail

Dans une narration telle un piège à scroll, j’ai gardé le meilleur pour la fin : le visa de travail. Avant de lancer du khasté nabashid (“ne soyez pas fatigué”) à vos collègues, faut-il encore obtenir le droit de travailler en Iran.

La législation iranienne est très restrictive et employer un.e étranger.e n’est pas chose facile. Tout d’abord, c’est à l’employeur de faire les démarches et de justifier votre embauche, plutôt que celle d’un.e Iranien.ne. Avec l’accord du ministère du Travail vous obtenez un visa de travail d’une durée de validité d’un mois. Période pendant laquelle l’entreprise doit finaliser les démarches afin d’obtenir votre permis de travail, d’une durée allant de 6 mois à 1 an.

Ce permis de travail s’accompagne d’un permis de résidence, avec lequel il est donc possible de louer un appartement.

Voici une nouvelle galère : les appartements à Téhéran ont des loyers qui restent élevés par rapport aux salaires (comptez dans les 100/200€ par mois – voire plus selon les quartiers). Le système de location permet de ne pas payer de loyer, ou bien de payer un très faible loyer, à condition de déposer une énorme garantie. Et quand je dis énorme, je parle de l’équivalent en euros de 3000 ou 5000 euros, et jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros (et ceux pour de simples maisons, pas des penthouses).

Dans ce contexte, il est évident que l’émancipation soit difficile pour les Iranien.ne.s. Outre la pression sociétale et culturelle (il est commun de rester chez ses parents jusqu’au mariage), il est extrêmement dur de réunir assez d’argent pour simplement louer un appartement.

Venez me parler, ici, sur 1stQuest, ou à Téhéran !

Je souhaitais conclure ce poste comme je l’ai commencé : par cette double chance qui m’est donné de faire connaître l’Iran.

Tout d’abord via ce blog, qui d’accord, est un peu en sommeil depuis que j’ai commencé à travailler (rappelez-vous de la partie 6 jours sur 7)… Mais qui continuera, je vous le promets, à avoir de beaux jours devant lui !

N’hésitez pas à m’écrire pour me poser vos questions. Je ferais de mon mieux pour vous répondre, mais j’avoue être un peu lente ! Je passe mes journées à répondre à des messages, et bien que cela me fasse toujours autant plaisir, souvent, de retour à la maison, je déconnecte totalement.

Et si certain.e.s d’entre vous sont intéressés par les services d’une agence, pour réserver des billets de bus, faire votre demande de visa, ou même planifier un voyage sur-mesure, venez me faire coucou à 1stQuest. Cliquez sur “Contactez nous”, ou lancez juste le chat, et si vous parlez en Français, c’est à bibi que vous aurez à faire 🙂 Et pour le coup, je suis plus réactive (promis, quand mon blog me rapportera autant, je serais aussi réactive !).

Ce que je fais ici avec tout mon cœur, je ne le laisse pas à la maison. Tous les jours, au bureau, je réponds à celles et ceux qui m’écrivent avec un seul but en tête : leur permettre de découvrir l’Iran à travers le plus beau des voyages. 1stQuest est une jeune équipe pleine de gens passionnés, dont le but est de vous aider, et non pas de faire de profit sur le dos des voyageurs. C’est aussi parce que j’adhère à leurs valeurs que j’ai rejoins 1stQuest !

Et puis, si vous préférez les rencontres IRL aux discussions derrière un ordinateur, n’hésitez pas à me faire signe quand vous passez à Téhéran ! Vous êtes les bienvenu.e.s à la maison !

4 Comments

  • Moniba

    Salut, je suis tombée un peu par hasard sur votre blog en faisant des recherches quant à la vie en Iran. En quelques heures je l’ai entièrement parcouru et attend un nouvel article.
    Je suis Belge et souhaiterai également “vivre” dans ce pays qui me fascine et m’intrigue depuis tant d’années.
    Mais je pose encore plein de questions auxquelles je ne trouve pas toujours des réponses claires.
    Puis je échanger avec vous en MP ?

  • Simon

    Bonjour,

    Pouvons nous échanger sur les perspectives d’emplois ?

    Beau travail pour ce blog.
    Bonne journée.
    Simon.

    • dlorenzi

      Bonjour Simon,
      Bien sûr. Je suis disponible pour échanger sur n’importe quel sujet et je vous envoie un email de ce pas !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *